En passant par les États-Unis!

À bien y penser...

6 août 2009

J’avais imaginé des tas de choses avant de partir pour ce voyage… Entre autres, j’avais rêvé de la forme physique que j’y acquerrais et, plus particulièrement, des fesses que j’y perdrais! Je fantasmais à l’idée de revenir plate comme une galette, d’avoir fait disparaître ce qui me gênait tant.

Après avoir parcouru 4600 km, je dois me rendre à l’évidence : ces fesses sont là pour rester! Non seulement elles n’ont pas diminué de grosseur, elles sont rendues plus hautes qu’avant!!!

À bien y penser, je me dis qu’il y a pire dans la vie que d’avoir des fesses d’africaine au Canada… Parler de la sclérodermie chaque jour m’amène à être consciente de ma santé et de ma chance. Lorsque notre corps fonctionne assez bien pour traverser un des plus grands pays du monde à vélo, on ne devrait plus avoir le droit de se plaindre!

Nous avons parcouru 500 km en 4 jours cette semaine! Nous avançons à une vitesse folle, motivés par notre retour. Il devrait nous rester environ 1700 km à pédaler avant de rejoindre Montréal. Si la tendance se maintient, nous devrions y être d’ici une quinzaine de jours!

Aussi, si vous êtes de ceux qui calculez notre kilométrage, vous remarquerez que nous ne roulerons pas les 8 000 km annoncés avant de partir. Pourquoi? C’est bien simple : nous avons coupé les 900 km de Terre-Neuve, le traversier étant trop dispendieux pour notre budget et nous avons choisi la route la plus rapide dans les Rocheuses! À la fin de ce périple, nous aurons donc parcouru 6500 km, de Vancouver à Halifax. Pas mal tout de même!

Nous avons bien hâte de vous revoir!
À très bientôt,

Val et Steph
Xxx

P.S. Si vous n’avez pas encore fait votre don, il est grand temps de le faire!!! Nous reviendrons plus vite que vous ne le croyez!

***

Alors que nous roulions en soirée au beau milieu des champs, une mer de brume a envahi le paysage. Tel un épais tapis de ouate, elle recouvrait le sol et s’élevait d’un mètre seulement, laissant dépasser la cime des arbustes. Si vous saviez comme on a ri en découvrant un troupeau de têtes de vache!!!

***

Nous le savons tous, l’été est synonyme de travaux sur les routes. C’est déjà désagréable à vivre lorsqu’on se déplace en voiture, mais ce l’est encore plus lorsqu’on est à vélo et que la route dévie sur l’accotement. Dans une légère panique, pris au piège entre la forêt et une rangée de camions qui filaient à toute allure, nous avons aperçu, de l’autre côté de la route, une voie déserte. „ C’est notre chance, allons là-bas! “

Mauvaise idée! C’était en fait la portion de route en construction, qui venait tout juste d’être asphaltée! Nous y avons roulé une minute à peine avant de réaliser que nos pneus étaient devenus collants et goudronnés! Nos vélos étaient si lourds qu’il était difficile d’avancer une fois de retour sur la chaussée sèche.

Tout de même, lorsqu’on sait que nous avons fait 11 crevaisons dans la dernière semaine, on se dit qu’une bonne couche de goudron pourrait aider!


Quelques folles histoires

12 août 2009

Nous nous sommes couchés, samedi soir, avec l'impression qu'il pleuvrait pendant la nuit. Cachés derrière le centre de télécommunication d'un tout petit village, nous croyions être à l'abri dans notre tente.

À 1 heure du matin, lorsque le premier coup de tonnerre s'est fait entendre, nous avons tout de suite su que ce ne serait pas une pluie comme les autres...

Il paraît qu'en comptant les secondes d'intervalles entre l'éclair et le tonnerre, on peut savoir à combien de kilomètres cette dernière se trouvait de nous. Et bien, cette fois-ci, nous n'avions pas à compter! Le tonnerre suivait l'éclair dans la seconde. Que dis-je? Le tonnerre suivait les éclairs, qui se succédaient sans arrêt autour de nous. Nous étions au centre de l'orage.

Depuis des semaines, on nous parle des tornades survenues en Saskachewan, au Québec et en Ontario. Il ventait si fort et pleuvait avec tant de violence, que nous nous sommes mis à en craindre une. Il fallait nous voir, couchés dans notre petite tente, à se regarder, les yeux ronds d'inquiétude, et à se dire que "quoi qu'il arrive, nous sommes ensemble..."! Nous n'avons pas dormi de la nuit, malgré les 140 km pédalés dans la journée!

Nous étions certains d'en faire moins le lendemain. Trop épuisés pour se donner un objectif, nous nous sommes tout simplement dirigés vers l'est et avions en tête d'arrêter lorsque la fatigue serait trop intense. Par chance, je n'avais pas l'énergie habituelle, qui me pousse parfois à pédaler debout sur mon vélo, parce qu'imaginez-vous qu'en plein milieu de la route, j'ai perdu la moitié de mon pédalier!!! J'ai été la plus surprise du monde en sentant mon pied partir dans le vide! Nos vélos commencent à être épuisés eux aussi! Ils auraient besoin d'une bonne mise au point.

Finalement, ayant réparé mon pédalier, nous avons décidé de rouler en soirée, question d'avaler encore un peu plus de ces kilomètres qui nous séparent de vous. Motivés par l'atteinte de notre 5000e kilomètre, nous nous sommes mis à jaser et à faire des bilans. Nous parlions sans arrêt, nous remémorant nos meilleurs comme nos pires moments, en riant tous les deux. Nous vivions un beau moment de complicité, jusqu'à ce que nous réalisions, à 9h00, que la ville à laquelle nous souhaitions nous rendre n'arrivait jamais... Pourtant, elle n'était pas si loin...

NOUS AVIONS PRIS LA MAUVAISE ROUTE!!! Nous pédalions depuis 20 km, tellement excités par notre réussite et inattentifs à la route, que nous avions changé de chemin sans nous en rendre compte!

Au-delà du détour de 20 km, le problème majeur était que nous étions rendus en plein milieu de la forêt et qu'il n'y avait aucun village à l'horizon. La nuit tombait et nous n'avions nulle part où dormir.

Nous avons pédalé, pédalé et pédalé, jusqu'à ce qu'il fasse si noir que nous n'arrivions presque plus à distinguer la ligne blanche sur le bord de la route. Il me semblait que l'ombre de chaque buisson ressemblait à celle d'un ours... "Il faudrait peut-être utiliser le sifflet pour éloigner les animaux" a proposé Stéphane. Bonne idée! C'est ainsi que pendant deux heures, nous avons roulé en sifflant sans arrêt l'air de "So-so-so, so-li-da-ri-té"!!! Bref, c'était n'importe quoi!!!

Vers 11h30, nous avons repéré, à la lampe frontale, l'enseigne d'une petite épicerie dans un village. La cour était parfaite pour y monter la tente. Alors que nous défaisions nos baggages, j'ai apperçu un animal à environ 50 mètres de nous... Quelques secondes plus tard, les ricanements nous confirmaient que c'était bel et bien un coyotte... Je n'ai pas besoin d'en dire plus pour que vous compreniez que nous n'avons pas tellement dormi cette nuit-là non plus!!!

Le lendemain matin, tout semblait être le plus normal du monde autour de cette petite épicerie! Le propriétaire avait déjà apperçu notre tente et nous attendait avec du café lorsque nous nous sommes levés!

Aujourd'hui, nous avons franchi les 5 derniers km de notre parcours aux États-Unis derrière le grillage de la voiture du Sheriff! Pris en flagrant délit sur une route à laquelle les vélos n'ont pas accès, nous avons été escortés jusqu'à la frontière canadienne! C'était génial d'aller aussi vite, dans cette Mustang de police; surtout que nous avions déjà parcouru 140 km dans la journée et avions un fort vent de face!

Nous revoilà donc au Canada après toutes ces péripéties, avec 5400 km dans les jambes et en ligne directe vers Montréal! Nous espérons toujours être de retour le vendredi 21 août prochain, pour la fête de papa!

Viendrez-vous nous acceuillir à La Commission des Liqueurs? Nous vous reviendrons avec plus de détails pour cet occasion.

À bientôt tout le monde!
Val et Steph xxx


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